Arnaud Klass

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Arnaud Klass

Message  chasseur versailles le Mar 17 Mar - 16:11

Arnaud Klass

La partie française de la famille Klass


Chapitre 1 : jeunesse et engagement.

Je m'appelle Arnaud Klass, né le 23 janvier 1779 à Calais. Mon père est pilote maritime ainsi que sauveteur en mer (qui allait de paire avec le métier de pilote à l'époque). J'ai un frère Guillaume plus jeune de 2 ans. La relative prospérité du métier de mon père m'assure une éducation modeste mais qui me fait savoir lire et écrire. A l'âge de 14 ans, je suis embauché comme commis chez un courtier maritime et à cause de ma vue basse, je dois renoncer aux métiers de la mer. La guerre avec l'Angleterre stimule la « course » et fait prospérer le cabinet de courtier où je prends de plus en plus de responsabilité. Mais en 1801, mon père décède dans une tentative de sauvetage d'un sloop qui s'était échoué au large par une nuit de tempête.

Dans les années qui suivent, une formidable aventure humaine est en pleine expansion et sera le tournant de ma vie : le camp de Boulogne. Impressionné par la concentration de troupes militaires dans Calais, surtout des Italiens, la ville prend un aspect martial. Le premier consul visite même la ville de Calais le 1er juillet 1803. L'intérêt se transforme alors en passion pour cette aventure que nul ne semble pouvoir arrêter. En août 1804, j'assiste à la remise des insignes de la légion d'honneur au camp de la Tour d'Ordre. Ma décision est alors prise de m'engager comme volontaire dans l'armée devenue impériale.

C'est le 6 octobre 1804 (14 vendémiaire an XIII) que je signe mon engagement, étant le seul volontaire de la journée, le sergent un ancien sans-culotte me dit : « sais-tu que c'est aujourd'hui le jour de la prise de Versailles, il y a quinze ans de cela, alors pour célébrer ce jour, je t'appellerai désormais Versailles » et c'est le nom qui figure sur mon livret militaire. Je suis alors nommé au 4ème régiment d'infanterie légère.


Chapitre 2 : le Camp de Boulogne et la campagne de 1805.

Au camp de Boulogne, je reçois une instruction militaire sévère, surtout que les rumeurs de la descente en Angleterre s'amplifient. La journée du 21 août est particulièrement cruciale, l'ordre d'embarquement met l'armée en ébullition, le moral des troupes est gonflé à bloc. Mais l'enthousiasme fait place à la désillusion lorsque finalement, le régiment part vers l'est. Plus je m'éloignais de la côte, plus mon moral descendait. Tout cette attente pour rien ? Pensais-je.

Maintenant, je dois suivre les marches forcées à travers la France mais n'étant pas habitué à autant d'effort, je tombe malade d'un flux de poitrine en traversant le Rhin. D'abord traînard, je suis incapable de suivre les troupes et je suis laissé aux bons soins de la famille Chapau à Andernach dans le département Rhin-et-Moselle.

Je suis obligé de rester 6 mois en convalescence dans cette famille mais grâce aux soins de leur fille Laëtitia, je me rétablis petit à petit. Le 4ème régiment d'infanterie légère ayant subi d'énormes pertes pendant la campagne de 1805 et les renouvellements d'effectif font que j'apprends alors que je suis réformé de l'armée et que je ne toucherai donc plus ma solde. Je suis alors dans une situation précaire ayant dû dépenser mes précédentes soldes pour ma famille d'acceuil.


Chapitre 3 : bref retour à la vie civile et réengagement.

Je devais donc retrouver un emploi. Le maire du village voisin me rendit ce service en me nommant garde-champêtre. Je pus ainsi subvenir à mes besoins et être toujours proche de la compagnie de Mlle Laëtitia Chapau. C'est ainsi que je laisse passer devant moi les régiments rentrant d'Autriche auréolés de gloire. Bientôt, la guerre reprend et c'est en Allemagne que se joue la partie. Les troupes partent cette fois pour les campagnes de 1806 et 1807. Cependant, je reste éloigné de tout ceci. Vivant correctement de mon emploi, je reste en bonne compagnie chez la famille Chapau. Mais l'écho des victoires me redonne à rêver de cette gloire que j'espérai à Boulogne. Je demande ma réaffectation dans l'armée. Elle est finalement acceptée en 1807 et je dois partir pour Sélestat où je suis affecté au 10ème régiment d'infanterie légère.

Arrivé au dépôt du régiment, je retrouve la vie militaire, ses corvées, ses heures d'instruction et la vie en caserne. Je reste à Sélestat jusque en 1809, où je suis nommé au 1er bataillon du régiment. J'apprends entre-temps que mon frère Guillaume pour échapper à la conscription s'est fait payer un remplaçant et à du coup mis en situation précaire ma mère à qui je dois alors verser une partie de ma solde.


Chapitre 4 : la campagne de 1809.

La campagne de 1809 sera cette fois mon baptême du feu. Je participe à la bataille d'Eckmühl et je suis le régiment jusque Vienne. Le 21 mai, a lieu la première journée de la bataille d'Essling mais le régiment ni participe pas à cause de la rupture des ponts. Le régiment traverse la nuit le Danube et se masse au centre pour faire partie de l'offensive du lendemain. Le 22 mai, le régiment prend part à l'offensive du corps d'armée de Lannes et culbute les Autrichiens. Pendant cette offensive je suis blessé à la cuisse droite par une balle qui ne reste pas dans la jambe. Je suis alors aidé pour me traîner en arrière et atteindre un poste de soin. Je traverse le Danube et sur l'île Lobeau je suis témoin de la rupture du grand pont qui scelle notre chance de remporter la victoire. Je reste sur l'île où l'on essaie tant bien que mal à soigner ma blessure.

Heureusement, ma blessure ne s'infecte pas et se guérit assez bien. Ne pouvant pas encore combattre, j'aide les pontonniers le 4 juillet à réaliser les nouveaux ponts qui garantiront le succès de Wagram les 5 et 6 juillet. Je participe alors à la poursuite de l'ennemi et j'apprends avec soulagement l'armistice de Znaïm. Je suis alors nommé caporal et je retourne au dépôt de Sélestat pour faire l'instruction des nouvelles recrues. Je reste ainsi en garnison jusqu'en 1812. Cependant, j'apprends deux terribles nouvelles, la mort de ma mère et la désertion de mon frère après le débarquement anglais près d'Anvers en 1809.


Chapitre 5 : les horreurs de la guerre d'Espagne.

En 1812, je reçois l'ordre de rejoindre le 1er bataillon du 10ème régiment d'infanterie légère en Espagne. Celui ci, fait partie du corps d'observation de réserve et sa division est à Pampelune. Je fais donc partie d'un régiment de marche pour rejoindre mon affectation. Arrivé sur place, je découvre avec les récits de mes compagnons les horreurs de la guerre d'Espagne. Nous menons dans la région une lutte acharnée contre les bandes qui attaquent nos convois.

Nous sommes entre autre chargé d'éliminer celle de Mina. Cette guérilla marque profondément mon esprit et met un terme à tous mes rêves de gloire. Le pillage et les exactions sont notre quotidien.

La présence des troupes françaises en Espagne est scellée par la défaite des Arapiles et de Victoria. Maintenant les troupes coalisées assiègent Pampelune qui capitule le 31 octobre 1813. Je suis donc fait prisonnier mais j'ai la double chance d'être gardé par les Anglais et qui ne m'envoient pas sur les pontons en Angleterre. Je reste 5 mois en captivité jusqu'à la chute de l'Empire.


Chapitre 6 : retour en France et retour de Napoléon.

Libéré avec l'abdication de l'Empereur, je retourne en France en juin 1814. De nouveau licencié de l'armée, je m'efforce dans un premier temps de retrouver des traces de mon frère. Je m'installe à Strasbourg où je retrouve par contre, la famille Chapau qui s'est exilé de son village n'étant plus français après le congrès de Vienne. Je me fiance avec Laëtitia et projetons le mariage en mars 1815.
Mais les évènements nous rattrapent. Napoléon débarque le 1er mars et se rétablit rapidement et sans effusion de sang sur son trône. La situation me bouleverse, bien qu'ayant compris tous les malheurs que pouvaient engendrer la politique de conquête de l'Empereur, je ne pouvais rester insensible face aux menaces d'invasion de la France. De plus les vexations de la restauration me laissait amer et peu enclin au retour du Roi. Je prie donc la décision de m'engager de nouveau.

De retour, au 10ème régiment d'infanterie légère, on me promet le grade de sergent. J'attends donc ma nomination et l'armée autrichienne aux portes de Strasbourg. La nouvelle de la défaite de Waterloo et l'abdication définitive de l'Empereur me font renoncer à mon grade et à ma place dans l'armée. N'attendant pas l'ordre de démobilisation, je repars chez Laëtitia Chapau.


Epilogue :

Je termine ainsi ma vie marié avec celle qui m'avait sauvé en 1805. J'aurais avec elle 3 enfants et je repris mon métier de garde-champêtre jusqu'en 1850. L'année où je meurs sans jamais avoir su ce qu'était devenu mon frère.

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