Georges Cadoudal Les Insurgés du Morbihan....

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Georges Cadoudal Les Insurgés du Morbihan....

Message  l' Ankou le Lun 15 Juin - 18:06

Georges Cadoudal

Il nait le 1er janvier 1771 à Kerléano, petit village près d'Auray. Fils de meunier, il étudie au collège Saint Yves de Vannes, il songe un temps devenir prêtre, pour finalement devenir clerc de notaire.

En 1793, peu après l'exécution du roi Louis XVI à Paris, la levée en masse est décrétée par la Convention. Il faut défendre les frontières de l'Est contre les armées d'Europe. Dans l'ouest, en Bretagne, en Vendée, les nouvelles lois sur la conscription sont mal acceptées par la population. Cadoudal comme beaucoup d'autres, refuse de se soumettre, et commence alors son engagement dans la lutte contre les révolutionnaires et ce nouvel ordre imposé.

Il rejoint la grande armée catholique et royale de Vendée, et intègre le bataillon commandé par le major-général Stofflet ; il s'y fait rapidement remarquer par sa force et son intelligence, promu chef d'escadron, il se battra jusqu'à la défaite de l'armée vendéenne à Savenay, le 23 décembre 1793 au grade de capitaine de cavalerie. Il échappe au désastre et se repli en Bretagne, dans la Morbihan, pour y organiser la résistance.

Arrêté une première fois, il s'évade de la prison du château à Brest, et rejoint les insurgés du Morbihan, commandé par Sébastien de La Haye de Silz, il est promu chef de légion.

Il organise l'insurrection de la ville de Brest, qui échoue, il est à nouveau arrêté avec sa famille le 30 juin 1794 ; sa mère décède lors de la détention. Lors de sa seconde évasion, il entre en clandestinité et est blessé lors d'un combat à Florange (Lorraine).

En 1795, Georges Cadoudal prend le commandement des chouans du Morbihan et refuse de se placer sous les ordres du Comte de Puisaye, ce dernier voulant réunir l'ensemble des chouans de la Bretagne sous son seul commandement. Au printemps 1795 Cadoudal rejette un cessez-le-feu conclue entre chefs royalistes et révolutionnaires à La Mabilais, et continue seul le combat.

En juin de cette même année, 14 000 chouans se rassemblent pres de Quiberon et le 26 juin, 5 000 royalistes émigrés débarquent en baie de Carnac. Ce contingent est bien mal commandé, et hésite à progresser rapidement dans les terres, le général républicain Hoche à tout le temps pour organiser sa défense devant Vannes où les royalistes sont stoppés. Les forces royalistes sont repoussées sur la presqu'île de Quiberon, Cadoudal furieux contre l'incompétence des chefs royalistes organise la retraite des chouans. En août il est promu major général et réuni sous son commandement l'armée chouanne et les troupes rescapées du désastreux débarquement. A la fin de l'année 1795 il reprend Sarzeau, puis Locminé en avril 1796, mais en juin son armée est en infériorité numérique face à Hoche, La paix est signée le 16 juin 1796. Alors le chef chouan se consacre au relèvement du pays vannetais en désarmant les bandes armées incontrôlées.

Le 4 septembre 1797, le Directoire succède à la Convention Révolutionnaire, et Georges Cadoudal reprend le combat ; nommé commandant en chef de la bretagne par Louis XVIII, il est traqué par les bleus. Il reprend Sarzeau, mais alors qu'il s'apprête à rentrer dans Vannes, son action est stoppée par le coup d'état de Bonaparte, en novembre 1799.Le Premier consul l'invite à Paris pour conclure une paix définitive ; Bonaparte désireux de voir Cadoudal se rallier à lui, lui promet grade, rente et distinctions, l'entrevue échoue et le chef chouan gagne l'Angleterre pour y poursuivre le combat.

Il est promu lieutenant général des armées du roi. De retour sur le continent, Cadoudal est impliqué dans l'attentat de la rue Saint Nicaise : une bombe explose au passage du cortège qui mène Bonaparte à un récital à l'opéra de Paris, le Premier consul échappe à la mort mais l'explosion fait 22 morts et une centaine de blessés.

Encerclé en Bretagne par le général Brune, Georges Cadoudal se soumet au Premier consul, mais refuse l'offre de grade de général et une rente. Il repart pour l'Angleterre.

Arrow En août 1803 il revient en France pour organiser l'enlèvement de Bonaparte, le complot échoue. Cadoudal qui avait refusé de s'associer aux conspirateurs est arrêté, et condamné à deux ans de prison. Le chef chouan ne renonce pas ; à nouveau arrêté le 25 mars 1804, il est cette fois condamné à mort le 10 juin.

Le 25 juin 1804, Georges Cadoudal accompagné d'une dizaine de ses amis et compagnons, sont menés à l'échafaud. Le grand chef de la résistance bretonne est guillotiné en dernier, son corps est alors livré à la faculté de médecine. Son squelette ornera l'amphithéâtre de médecine jusqu'à la fin du premier empire.

A la Restauration, ses restes pieusement recueillis, seront rendus à la Bretagne et inhumé sur le lieu de sa naissance, dans un mausolée à Kerléano.
Enfin, Georges Cadoudal fut élevé, à titre posthume, à la dignité de maréchal de France, et sa descendance fut anoblie.

BICENTENAIRE DE LA MORT DE GEORGES CADOUDAL, EXECUTE EN 1804.

Je voudrais citer le comte de Lantivy-Trédion : "En 1789, la lutte contre l'étatisme était pour nos aïeux un devoir dont ils avaient l'habitude... La bretagne jalouse malgré tout d'indépendance et concentrée sur elle-même pour la résistance au pouvoir français ne cria point d'abord : Vive le Roi !… Pour amener la protestation monarchique sur les lèvres des habitants des campagnes, il fallut l'impérieuse nécessité de la protestation religieuse. La défense de l'autel entraîna la défense du trône : c'était dans la nature des choses ".
Le droit breton et le traité de 1532 garantissait l'exemption de tout service militaire en France, ainsi la levée en masse décrétée par la Convention fut fort mal accueillie et les paysans se levèrent en masse pour défendre leur foi et leur liberté. En bretagne aussi, la Patrie était en danger (on peut se reporter au tableau de la révolte des conscrits à Quimper : Les Bretons de Brizeux).
Il serait nécessaire de disposer d'un temps suffisamment long pour narrer tous les épisodes de la chouannerie, mais la finalité pourrait être résumée ainsi : pour mettre fin à la chouannerie, Bonaparte devenu Premier Consul, dut promettre la liberté religieuse et faire rouvrir les églises.
Mais Cadoudal refusa de se soumettre et, dédaignant les offres de Bonaparte, passa en Angleterre. A cette époque, Bonaparte maintient les nouvelles divisions administratives créées par la Révolution et met un préfet à la tête de chaque département. Plusieurs chefs chouans conspiraient contre Bonaparte : ainsi, en 1801, Picot de Limoëlan tentait de faire sauter le Premier Consul avec une " machine infernale ". Puis avec le concours de Pichegru et Moreau, Georges projetait d'enlever le " tyran ". Le 25 juin 1804, Cadoudal et ses compagnons sont guillotinés. Héros populaire, Cadoudal fut toujours le premier debout et le dernier soumis. Il refusa, à plusieurs reprises, les offres brillantes de Bonaparte qui, en échange de sa soumission, lui promettait des titres, une énorme pension et un haut grade militaire.


L'exécutions de Georges Cadoudal et de ses compagnons.
(extrait de : "Mémoires des Sanson" - Bourreaux de Paris)

Les condamnés entendirent leur sentence sans manifester la moindre émotion. En rentrant à la Conciergerie, Georges Cadoudal y trouva M. Réal, conseiller d'Etat, avec lequel il eu un long entretien. Réal insinua au Vendéen (sic) que l'empereur serait disposé à lui accorder sa grâce s'il s'adressait à sa clémence. Georges résista à ces généreuses ouvertures et se montra décidé à partager le sort de ses camarades. M. de Rivière qui eut également une entrevue avec Réal, refusa comme Georges d'adresser une demande en grâce à l'Empereur. Mais il se trouvait, dans les familles des condamnés, des cœurs moins superbes qui ne crurent pas s'humilier en demandant au souverain la vie de ceux qu'ils aimaient. La sœur de M. de Rivière trouva dans l'Impératrice un tout-puissant intermédiaire ; d'autres interventions furent sollicitées et obtenues pour MM. De Polignac, Rochelle de Bercy, Bouvet de Lozier et Charles d'Hozier. Mademoiselle Lajolais se jeta aux genoux de l'Empereur et lui demanda la grâce de son père ; mademoiselle Gaillard sollicita celle de son frère, et le banquier Shérer celle de son beau-frère Rusillion. L'Empereur ne résista à aucune de ces intercessions, et le 6 messidor an XII, la Cour de justice criminelle entérina la lettre impériale qui commuait la peine capitale contre celle de la déportation, pour les condamnés Bouvet de Lozier, Rumillion, Rochelle, Armand de Polignac, d'Hozier, de Rivière, Lajolais et Gaillard.
Georges et ses chouans restaient seuls en face de l'échafaud.
Ce n'était pas que les avocats lui eussent manqué pour plaider sa cause auprès de napoléon. Il était à la cour un homme chevaleresque, auquel le courage indomptable, l'énergie, la rudesse du Vendéen (sic) devaient être sympathiques ; cet homme, c'était Murat. Le futur roi de Naples plaida chaleureusement la cause des condamnés auprès de l'Empereur, qui était assez disposé à se rendre à ses prières ; mais au fond de sa prison, Georges parlait encore comme au moment où son sabre le faisait roi des landes du Morbihan ; il voulait que la grâce s'étendit à tous ses complices, et la clémence impériale dut s'arrêter devant ces exigences. Il s'était pourvu en cassation pour prolonger de quelques jours la vie de ses compagnons. Le 4 messidor, la Cour rejeta le pourvoi, et, le 5, on ramena à la Conciergerie les condamnés, qui avaient été provisoirement transférés à Bicêtre. L'exécution avait été fixée au 6.
Les exécutions étaient, à cette époque, devenues assez peu fréquentes pour que mon père ne conservât que quatre aides. En raison du nombre des condamnés, il fut obligé de requérir des aides supplémentaires. On avait déjà repris l'habitude de permettre aux condamnés de se faire accompagner par un prêtre jusque sur le lieu du supplice ; en conséquence, le nombre des charrettes qui devaient transporter ce cortège funèbre fut élevé à trois. A neuf heures du matin, les voitures et les exécuteurs étaient à la porte de la Conciergerie. Les apprêts de la toilette se firent dans l'avant-greffe ; les condamnés y furent introduits tous ensembles ; ils priaient avec beaucoup de recueillement. Quelques instants auparavant, on avait, une fois encore, engagé Cadoudal à demander sa grâce : il avait montré plus de vivacité encore dans ses refus, et on l'avait entendu murmurer en sortant du greffe :
_ "Ce b…..-là ! il n'est pas content de me couper la tête, il voudrait encore me déshonorer ! "
En entrant dans la salle, Georges dit quelques mots à un guichetier nommé Eberle, qui l'accompagnait, et, après la réponse de celui-ci, il alla droit à mon père.
Sa démarche était fière, son œil assuré, son teint aussi coloré que d'ordinaire, nulle émotion ne se manifestait ni dans ses traits, ni dans son accent.
_ "Monsieur, dit-il, vous êtes l'exécuteur de paris ? "
Mon père répondit affirmativement.
_ "En ce cas, répliqua Georges, vous saurez que je veux être exécuté le premier. C'est à moi à donner à mes camarades l'exemple du courage et de la résignation ; d'ailleurs, je ne veux pas que l'un d'eux s'en aille de ce monde avec l'idée que je pourrais lui survivre. "
Mon père lui fit observer que l'ordre d'exécution avait été réglé, et que, suivant cet ordre, il devait mourir le dernier.
_ Bah ! répliqua Georges, on a mis assez d'insistance à m'offrir une grâce entière pour qu'il ne soit pas possible de me refuser la seule que je sollicite.
Dans l'espoir de pouvoir obtempérer à ce désir, mon père profita de la longueur des apprêts occasionnés par un si grand nombre de condamnés, pour faire transmettre la demande de Georges au grand juge par le greffe qui était venu lire l'arrêt et devait dresser le procès-verbal de l'exécution. Ce dernier ne rapporta qu'un refus ; on ne permit pas à celui à qui on avait offert la vie de choisir le moment de sa mort.
Le rude chef de partisans dut se résigner. Pendant qu'on lui attachait les mains, il dit à ses compagnons :
_ Nous avions assez souvent battu les bleus pour avoir droit à la mort de soldats ; mais nous ne devons rien regretter, en nous rappelant que l'échafaud sur lequel nous allons monter a été consacré par le martyre de notre roi !
Avant de quitter la Conciergerie, il dit encore à ses camarades de l'embrasser. Tous obéirent ; ces rudes visages s'adoucirent dans ce suprême adieu à leur chef bien-aimé ; quelques yeux devinrent humides. Quand ce fut terminé, il leur dit :
_ Et maintenant, il s'agit de montrer aux Parisiens comment meurent des chrétiens, des royalistes et des Bretons.
Il fit signe à son confesseur de lui donner le bras, et, sans attendre l'ordre de l'exécuteur, il commanda : " Marche ! " avec autant de vivacité et d'élan que s'il se fut agi d'enlever une redoute.
Il était dans la première charrette avec son cousin, Pierre Cadoudal ; Picot, son domestique, et Coster Saint-Victor ; Roger, Soyant, Burban et Lemercier étaient dans la seconde ; Lelan, Mérille et Deville étaient dans la troisième.
Coster Saint-Victor n'excitait pas moins de curiosité que son chef. Sa beauté ; sa haute mine, son élégance, les bonnes fortunes qu'on lui attribuait, en avaient fait le lion du procès. Le public avait fini par se passionner pour le conspirateur, et, sur le passage du cortège, on entendit à plusieurs reprises des paroles de compassion s'élever de la foule.
Pendant le trajet, Georges, devenu sombre et taciturne depuis qu'on lui avait refusé la faveur qu'il avait sollicités, n'avait cessé de répéter ses prières. Il vit descendre sans mot dire tous ses compagnons, même Coster Saint-Victor, qui, étant le dernier à le précéder sur l'échafaud, voulut l'embrasser encore, et lui dit, dans ce baiser suprême :
_ Adieu, mon général !
Georges, en se laissant faire, haussa les épaules comme devant un acte de faiblesse ou de puérilité. Puis, quand la belle tète de son jeune complice fut tombée, il monta d'un pas très lent, mais très ferme, les marches de l'échafaud, et lorsqu'il fut arrivé sur la plate-forme, il s'écria d'une voie retentissante :
_ Camarades, je vous rejoins ! Vive le roi !
Après cette dernière victime, il y eu un moment de confusion. En présence de cette exécution multiple, les précautions avaient été mal prises. Lorsque la tête de Cadoudal tomba, les paniers apportés étaient pleins. Le cadavre colossal de l'assassin-chevalier, qui devait faire souche de gentilshommes, resta plus d'un quart d'heure sur l'échafaud, jusqu'à ce que mon père eut le temps d'envoyer acheter de la toile pour lui faire un linceul à part.
Cette dernière marque de respect n'était peut-être point usurpée par l'homme qui a occupé une place si exceptionnelle entre les conventionnels régicides et les pales assassins du Consulat, de la Restauration, de la monarchie de Juillet et du Second Empire.
Mémoires des Sanson, Sept générations d'exécuteurs.
Henry-Clément Sanson

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